—Midi et demi, dit-il; mais avec un cabriolet nous arriverons; vite, mademoiselle Françoise, votre châle, votre bonnet; je vous emmène.

La grisette courut se préparer tandis qu’il cherchait son chapeau.

—Qu’allez-vous faire et qu’espérez-vous? demanda le vieillard anxieux.

—Vous le saurez à mon retour, monsieur le duc, dit Marc en gagnant la porte. Si M. de Vercy fait son devoir, tout peut être encore sauvé. Je ne lui parlerai pas seulement de sa pupille, mais de vous. Il faut que l’interdiction soit annulée, qu’on vous remette en possession de votre nom, de vos biens... Avant la fin du jour, monsieur le duc saura ce que nous pouvons espérer.

XXV.
Le voyageur de l’hôtel des Étrangers.

Françoise l’attendait aux pieds de l’escalier avec un carton de fleurs qu’elle portait à madame Ouvrard. Tous deux coururent au premier porche, sous lequel stationnait un cabriolet de remise et y montèrent.

En arrivant à l’hôtel la grisette entra au salon pour remettre ses bouquets, tandis que Marc montait au numéro 47.

Les hôtels meublés de Paris ont une physionomie spéciale qui mérite d’être étudiée. Ce ne sont point, comme les auberges de province, des lieux de repos où l’on arrive et d’où l’on part à toute heure, mais des gîtes de nuit que l’on quitte le matin, et où l’on ne rentre qu’après l’heure du spectacle. A voir, pendant le jour, leurs chambres fermées, leurs escaliers déserts, leurs longs corridors silencieux, on dirait une de ces villas royales dont les seuls locataires sont le gardien et le portier.

Le garçon de bureau monta trois étages sans rencontrer personne et arriva à l’appartement indiqué.

Il se composait de deux pièces dont la première servait d’antichambre. Marc y trouva, par hasard, un des garçons de l’hôtel qui sortait avec le plateau du déjeuner et auquel il demanda M. le conseiller de Vercy. Une voix, partant de la pièce voisine, prévint la réponse en criant d’entrer. Le garçon montra la porte au visiteur et se retira.