—Sans doute, sans doute, répliqua le médecin avec déférence; mais madame la comtesse comprend bien que ce consentement deviendrait inutile si notre chère nièce changeait d’avis... Il est bien entendu que c’est toujours une supposition...
—Dont monsieur Vorel voudrait faire une réalité! acheva Arthur qui était à bout de patience.
Le médecin feignit l’étonnement.
—Moi, dit-il: monsieur de Luxeuil ne me rend pas justice; nul ne désire au contraire plus vivement que moi la conclusion de son mariage... d’autant qu’il me permettra de terminer une affaire qui m’occupe depuis longtemps.
La mère et le fils échangèrent un regard; ils venaient de comprendre le but du voyage de Vorel.
—Monsieur le docteur devait débuter par cet aveu, dit madame de Luxeuil d’un ton railleur.
—Je tâche de commencer par le commencement, madame la comtesse, répliqua le docteur avec le sourire équivoque dont il avait l’habitude.
—Et peut-on savoir de quoi il s’agit? demanda Arthur.
—Mon Dieu, rien de plus simple! La baronne possédait en Touraine une petite forêt enclavée dans un domaine appartenant à mon fils, du chef de sa mère, et que je voudrais acquérir à des conditions raisonnables. Jusqu’à présent la minorité d’Honorine a été un obstacle; mais désormais je puis traiter avec monsieur de Luxeuil.
—Soit, dit Arthur, après le mariage.