Comprenant que la lutte était inutile, ils se débarrassèrent des couteaux, dont ils étaient armés, et se laissèrent saisir sans résistance.
III.
Les parents.
La chaise de poste, arrivée si à propos à la Maison-Verte, y amenait madame de Luxeuil et le docteur Darcy.
Tous deux trouvèrent la baronne privée de sentiment. La nourrice, accourue près d’elle, à demie vêtue, essayait de lui faire reprendre ses sens.
Elle raconta à la comtesse que sa maîtresse désirant veiller elle-même sa fille, l’avait renvoyée pour prendre quelque repos. Réveillée peu de temps après par des cris, elle s’était précipitée, malgré son épouvante, vers la chambre de la baronne, qu’elle avait trouvée évanouie aux pieds d’un homme en blouse. Mais le bruit des pas de la comtesse et du docteur avait fait fuir ce dernier sans qu’elle pût dire ce qu’il était devenu.
Pendant que madame de Luxeuil écoutait ces explications, en les entrecoupant d’exclamations plaintives sur l’effroi qu’elle venait d’éprouver et sur le danger qu’elle avait failli courir, M. Darcy s’occupait de rappeler la malade à la vie.
Elle finit par rouvrir les yeux, et balbutia le nom de sa fille. Le docteur la lui fit présenter.
A la vue de l’enfant endormi sur le sein de sa nourrice, la baronne parut se ranimer; elle fit un effort, souleva la tête; et, dans ce mouvement, ses yeux rencontrèrent la comtesse. Elle tendit les mains avec un faible cri et en prononçant le nom de sa sœur.
—Elle me reconnaît, dit madame de Luxeuil, qui se pencha pour l’embrasser; pauvre chérie! dans quel état nous vous trouvons; sans nous vous étiez assassinée.
La baronne serra madame de Luxeuil dans ses bras sans répondre autrement que par des sanglots convulsifs.