—Jusqu’à ce que vous me laissiez la route libre.

Le Parisien parut embarrassé: il se tourna vers ses compagnons, et tous quatre se consultèrent assez longtemps à voix basse; enfin, la porte fut repoussée, fermée à double tour, et Marc se trouva prisonnier.

Il prêta l’oreille, cherchant à deviner ce qui se préparait contre lui; mais il n’entendait qu’un murmure confus, à travers lequel retentissait de loin en loin quelques mots isolés prononcés plus haut. Il distingua ceux de loyer... chassé... gueux de bourgeois... Vengeance pour deux. Puis les voix se turent, comme si tout le monde était tombé d’accord; le soufflet de la forge commença à se faire entendre, et une lueur brilla à travers la porte mal jointe.

Marc, inquiet, appuya l’œil contre une des fentes.

Le Parisien et ses compagnons étaient occupés à briser les bancs et les tables, dont ils jetaient les débris dans la forge. Le maréchal-ferrant regardait tranquillement cette destruction de son mobilier et activait lui-même le feu.

Tout ne tarda pas à s’embraser. Alors chacun saisit un des fragments enflammés, qui furent dispersés le long des charpentes, contre la cloison et jusque sous le toit de chaume. L’incendie se déclara en même temps sur dix points séparés.

Marc qui comprit leur intention, se précipita contre la porte et la secoua avec violence; mais la serrure résista à tous ses efforts.

—Ah! le monsieur du cabinet particulier se réveille, dit le Parisien, en éclatant de rire; entendez-vous comme il sonne le garçon?

—Ouvrez, ouvrez, s’écria Marc, qui continuait à agiter inutilement la porte.

—Voilà! bourgeois! reprit Jacques avec la même ironie féroce; vous allez être servi... un plat à l’étuvée avec sauce à la vapeur... Eh! toi le Bruc, mets donc quelques tisons contre la cloison pour que le bourgeois se chauffe de plus près.