Pour toute réponse, le chien fit entendre un léger grognement et rentra sous les buissons. Le Parisien le suivit en rampant sur les mains et sur le ventre jusqu’à ce qu’il eût atteint une sorte d’enceinte, d’environ dix pieds carrés, où l’attendait Moser.
Celui-ci portait un déguisement dont la forme étrange rappelait à la fois le costume de Méphistophélès et celui de Crispin. Il donnait à la grande taille de l’Alsacien quelque chose de si bouffon, que Jacques ne put s’empêcher de rire.
—Ah! tu es donc déjà en habit de bataille, toi? dit-il à voix basse et en regardant son compagnon de la tête aux pieds; tonnerre! sais-tu que c’est une vraie bonne fortune d’avoir soulevé la malle de ce cabotin de Caen; ça te va comme un gant.
—Bas frai? dit Moser, qui se redressa et avança avec une certaine fatuité ses jambes maigres qui flottaient dans le maillot noir; bas frai que j’ai l’air gomme y faut?
—Tu as l’air d’un grand bâton de cire à cacheter, répliqua le Parisien.
—Eh pien! ça leur fait beur! reprit le Juif avec une expression d’orgueil souriant; y m’brennent pour le tiable!... Eh! eh! eh! frai, ça m’amuse! d’autres fois, je m’hapille en pierrot, et y m’brennent pour un revenant; d’autres fois je me change en fagot...
—C’est bon, interrompit Jacques, dont la gaieté avait duré peu de temps; en voilà assez pour le quart d’heure...
—J’sais pien, dit Moser; puisque te foilà, y faut plus tonner de boudre aux pêtes, bour que t’aies l’air de jasser la maladie.
—Il s’agit bien de maladie, reprit le Parisien; la boutique est enfoncée, monsieur Jérusalem, il y a un gredin qui connaît nos couleurs.
—Pach!