—Ce serait en effet un moyen, dit Vankrof; mais si l’on savait que la chose vient de moi?...
—Ne craignez donc rien: Duroc est sûr; il prendra tout sur lui; vous ne paraîtrez en rien.
—Vous êtes certain?
—Je vous y engage ma parole.
—Alors... je ne vois point d’obstacle... et l’on pourrait voir...
—Je me charge de tout! interrompit Marquier en reprenant son chapeau; je vais passer chez Duroc pour l’avertir que vous achetez les billets?
—Ah! c’est-à-dire que vous me les vendez! fit observer le Belge.
—Pour que vous traitiez de Luxeuil en débiteur, il faut bien que vous soyez créancier?... Du reste vous ne perdrez rien... il doit hériter de sa mère; puis sa femme est riche; c’est simplement une affaire de temps, et que vous importe à vous d’être payé un peu plus tôt, un peu plus tard? Songez, d’ailleurs, que c’est le seul moyen d’éviter un désastre; car vous savez sans doute que votre adversaire a la main singulièrement malheureuse...
Vankrof fit un geste affirmatif.
—Alors c’est convenu! vous m’autorisez à traiter. Avant deux heures je viendrai vous avertir du succès de notre expédition.