—Et vous avez espéré que j’accepterais cette transaction inouïe, reprit Honorine, chez qui le dégoût faisait taire la peur. Vous avez pensé que j’achèterais de vous le droit du déshonneur. Non, Monsieur, non; quoi que vous ayez pu croire, je ne suis point arrivée à ce point d’abaissement; je puis me justifier de toutes les accusations portées contre moi; loin de craindre la vérité, je la veux, je la demande.
Arthur l’interrompit d’un geste.
—Alors, veuillez me remettre la clef de cette porte, dit-il, en montrant la chambre dans laquelle de Gausson se trouvait enfermé.
Honorine changea de visage. Dans son élan d’indignation, elle avait oublié un instant qu’il était là.
—Donnez, répéta de Luxeuil plus vivement, car je me lasse enfin de ce débat; puisque vous désirez la vérité, moi aussi je veux la connaître.
Il avait fait un pas vers la porte, Honorine s’y appuya suppliante et éperdue.
—Ah! vous étiez averti, dit-elle; vous saviez que M. de Gausson était ici.
—Ainsi, vous en convenez? interrompit Arthur qui la tenait palpitante sous son regard.
—N’en concluez rien contre lui ni contre moi, Monsieur; Dieu sait que le hasard a tout fait; que cette visite n’avait rien qui ne pût s’avouer; mais je vous savais prévenu par M. Vorel... J’ai craint une première explication, c’est le seul motif qui nous ait décidés... le seul, je vous le jure.
M. de Luxeuil tendit la main.