Mais ce jour-là, le banquier s’était précisément mis en frais pour célébrer le mariage d’Arthur, et avait réuni à déjeuner Dovrinski, de Cillart et une partie des convives que nous avons déjà vus au souper de Clotilde. On quittait la table; le groom avait apporté les cigares avec le brasero, et les invités, échauffés par le champagne, venaient de passer sur le balcon, lorsque la jeune fille se présenta.

Éconduite d’abord, elle insista, pria, supplia, suivit le valet qui l’avait congédiée, arriva avec lui au premier salon et y renouvelait ses supplications, lorsque la voix du banquier se fit entendre dans la pièce voisine.

Françoise, saisie, s’arrêta court, et prêta l’oreille: la voix s’approchait, elle devenait plus distincte; elle finit par éclater, mêlée de rires et d’exclamations; enfin Marquier entra avec de Cillart, qu’il tenait par le bras.

Françoise ne pensa d’abord qu’au bonheur de le revoir, et se précipita vers lui, avec un cri de joie; le banquier y répondit par un cri d’épouvante. Les noms de Charles et de Françoise, répétés presque en même temps, avec une expression opposée, se confondirent, tandis que la grisette, hors d’elle, et profitant de la première stupeur de Marquier, se jetait dans ses bras.

Celui-ci se dégagea vivement.

—Eh bien! que fais-tu... que faites-vous... balbutia-t-il honteux et courroucé.

Dans ce moment, les convives qui avaient entendu les deux cris se montrèrent, et Françoise recula confuse.

—Qu’y a-t-il donc? demanda Arthur étonné de la présence d’une femme portant le costume d’ouvrière?

—Venez, venez! s’écria de Cillart en riant, nous avons spectacle après le café. Une scène de sentiment jouée à deux.

—Comment cela?