Honorine se dégagea par un effort violent et courut à la porte.

—Arrêtez, Madame, s’écria Arthur en lui barrant le passage; songez bien à ce que vous allez faire.

—Faut-il appeler à mon secours, Monsieur? interrompit la jeune femme indignée.

—Il faut que vous m’écoutiez! reprit de Luxeuil les bras croisés sur la poitrine; il faut que vous sachiez que cet argent m’est nécessaire; que lui seul peut me sauver; que je le dois enfin!... Oh! je sais ce que vous pouvez me répondre. Vous n’êtes pas responsable de mes prodigalités; ma ruine n’est point la vôtre! mais l’honneur du moins nous est commun. Ecoutez donc bien, Madame, et tâchez de comprendre! Vous êtes résolue à m’abandonner, n’est-ce pas, à me pousser du pied dans l’abîme au lieu de me tendre la main! Eh bien! moi, je suis résolu à vous y entraîner avec moi! Le nom que vous refusez de mettre au bas de cet acte, je l’écrirai!

—Mon nom? s’écria Honorine.

—Oui, reprit de Luxeuil qui avait posé l’acte sur la table; vous aurez à choisir entre l’argent et le scandale, car si vous protestez contre cette signature la honte rejaillira sur vous!

Il avait saisi la plume; Honorine s’élança vers lui en poussant un cri.

—Non, dit-elle, vous ne ferez point cela, Monsieur!... ce serait un crime!

De Luxeuil se pencha sur l’acte sans répondre.

—Au nom de votre honneur, Monsieur!...