Il fut interrompu dans sa recherche par le valet de chambre qui lui annonça qu’une dame voulait lui parler. De Luxeuil étonné allait demander son nom, lorsque la porte fut ouverte brusquement et lui laissa voir Clotilde, en grande toilette de ville.

Il se leva stupéfait.

—Ah! tu ne t’attendais pas à ça, mon petit, dit l’actrice, en éclatant de rire, en v’là une farce, hein? Avoir osé pénétrer dans le domicile conjugal!

—Toi ici, s’écria Arthur, qui ne pouvait comprendre une pareille démarche, que viens-tu faire?

—Je passais avec de la société, reprit Clotilde, j’ai reconnu ton domestique à la porte de l’hôtel, alors on a dit:—C’est là que ton monsieur demeure; tu devrais l’emmener dîner avec nous; j’ai tout de suite fait arrêter et je viens te chercher.

—Tu n’es donc pas seule?

—Non, il y a avec nous Léa; tu sais bien, la grosse qui est tant sur sa bouche, puis Phrosine, que je veux lancer, enfin le grand Derval.

—Qu’est-ce que c’est que le grand Derval?

—Ah! oui, tu ne l’as jamais vu! C’est un farceur, premier numéro. Il a joué toutes espèces de rôles en province; maintenant il va dans les soirées pour faire des scènes de ventriloque et de physionomies. Il imite à votre choix Napoléon, Odry, Lepeintre jeune et le gladiateur mourant. Du reste, tu le verras, mais dépêche-toi, car ils t’attendent.

—J’en suis fâché, dit Arthur, qui était encore sous l’influence de son irritation et peu disposé à s’amuser; mais je n’irai pas.