—Oui! oui!

—Alors que l’honorable société ouvre l’œil; voici le moment, voici l’instant.

Tout ce dialogue avait été trop rapide pour qu’Honorine pût l’interrompre. D’abord incertaine, comme nous l’avons dit, puis frappée de stupeur, elle n’avait point compris sur-le-champ quelles étaient les femmes présentées par Arthur; mais les dernières paroles échangées ne pouvaient lui laisser de doute; aussi, lorsque Floridor s’avança pour écarter le rideau qui couvrait le portrait de la baronne, la jeune femme se jeta devant lui, pâle de honte et d’indignation.

—Emmenez ces gens, Monsieur, dit-elle en regardant de Luxeuil.

—Comment, ces gens! s’écria Clotilde; par exemple! Est-ce que Madame nous prend pour des servantes?

—Je suis chez moi, reprit la jeune femme palpitante; emmenez-les, Monsieur, je le veux.

—Vous voulez! répéta de Luxeuil qui appuya avec ironie sur chaque syllabe.

—La femme doit obéissance à son mari, article 213, murmura Floridor.

—Et elle ne doit point oublier que le domicile conjugal appartient à ce dernier, continua Arthur.

—C’est clair, nous sommes chez toi! dit effrontément Clotilde; puisque dans le mariage c’est l’homme qui est le maître... D’ailleurs Madame pouvait nous prier de la laisser sans nous appeler des gens.