—Ah! ciel! un costume de l’Empire! quelle horreur! interrompit Léa.
—Oui, mais voyez comme elle a des diamants! reprit l’élève du Conservatoire; ça vous relève joliment une figure.
—Ah bien! les goûts sont libres, interrompit Clotilde, j’aime mieux la mienne sans diamants.
—Et avec dix amants! ajouta Floridor.
Ce grossier quolibet fit rire les trois femmes; Honorine ne put se contenir plus longtemps. Elle avait supporté les humiliations, les railleries, les menaces, mais cette espèce de profanation du portrait de sa mère fut un coup trop fort pour son cœur navré; elle cacha son visage dans ses mains et fondit en larmes.
Cette explosion inattendue produisit sur les témoins un effet singulier. Les femmes se regardèrent avec un embarras ému, tandis que Floridor faisait une grimace d’étonnement grotesque, et que les traits d’Arthur s’assombrissaient.
—Une scène de larmes, dit-il durement; pardieu! Madame, vous ne pouviez mieux choisir votre moment; voici mademoiselle Léa qui a joué le drame et qui pourra apprécier votre talent.
—Taisez-vous donc! interrompit Clotilde à demi-voix; elle pleure tout de bon.
—Les pluies d’orage entretiennent la fraîcheur, marmotta Floridor.
—Et pourrait-on savoir d’où vient ce débordement subit de sensibilité? reprit de Luxeuil. Est-ce parce qu’on a vu ce portrait?