Quarto. La mollesse des habitudes! Enfermé dans votre mansarde, vous vous êtes insensiblement entouré de mille précautions douillettes. Il a fallu des bourrelets pour votre porte, un paravent pour votre fenêtre, des tapis pour vos pieds, un fauteuil ouaté de laine pour vos épaules, un poêle allumé au premier froid, une lampe à lumière adoucie, et, grâce à toutes ces précautions, le moindre vent vous enrhume, les siéges ordinaires vous exposent à des courbatures, et il vous faut des lunettes pour supporter la lumière du jour. Vous avez cru conquérir des jouissances, et vous n'avez fait que contracter des infirmités.

Quinto...

—Ah! de grâce, docteur, assez! me suis-je écrié. Ne poussez pas plus loin l'examen; n'attachez pas à chacun de mes goûts un remords.

Le vieux médecin s'est gratté le nez avec sa tabatière.

—Vous voyez, a-t-il dit plus doucement en se levant, vous fuyez la vérité, vous reculez devant l'enquête! preuve que vous êtes coupable: Habemus confitentem reum! Mais au moins, mon cher, n'accusez plus les quatre saisons, à l'exemple des portières.

Là-dessus il m'a encore tâté le pouls, et il est parti, en déclarant que son ministère était fini, et que le reste me regardait.

Le docteur sorti, je me suis mis à réfléchir.

Pour être trop absolue, son idée n'en a pas moins un fond de justesse. Combien de fois nous attribuons au hasard le mal dont il faudrait chercher l'origine en nous-mêmes! Peut-être eût-il été sage de le laisser achever l'examen commencé.

Mais n'en est-il pas un autre encore plus important, celui qui intéresse la santé de l'âme? suis-je bien sûr de n'avoir rien négligé pour la préserver pendant l'année qui va finir? Soldat de Dieu parmi les hommes, ai-je bien conservé mon courage et mes armes? Serai-je prêt pour cette grande revue des morts que doit passer Celui qui est dans la sombre vallée de Josaphat?

Ose te regarder toi-même, ô mon âme, et cherche combien de fois tu as failli.