Devant nous la grande cour du camp, rôtie de soleil, quelques palmiers trapus, un chemin où des « joyeux », punis de prison, cassent des cailloux. On entend le heurt des petits marteaux sur la pierre dure, le trot d’un cheval, le passage d’une corvée et parfois, vibrantes dans l’air, de rapides sonneries de clairon.

— Qu’est-ce que c’est ?

Marcel Allix regarde sa montre :

— Cinq heures, dit-il. On sonne pour la soupe.

— Très bien ? Vous interprétez les sonneries suivant l’heure qu’il est. Absolument comme cet amateur distingué qui reconnaissait les pieds de tomates aux bâtons qui les soutenaient. Le jour où l’on retira les supports, cet agronome se sentit perdu.

— Alors, conclut Marcel Allix, à ce soir. Nous reparlerons de votre indigène inconnue.

— Excusez-moi. C’est suffisant pour aujourd’hui. Et puis, je me couche de bonne heure…

« Pas dans les baraquements où l’on étouffe, où les bois de lit regorgent de punaises, où la moindre flamme de bougie attire des escadrons de moustiques. Non, je dormirai, comme je le fais depuis plusieurs nuits, sous les branches tombantes d’un mimosa sauvage… »

VI
DERNIERS JOURS