— Madame Aurélie? répéta Denise.

La vendeuse la regarda sans répondre, d'un air de dédain pour sa mise pauvre, puis s'adressant à une de ses camarades, petite, d'une mauvaise chair blanche, avec une mine innocente et dégoûtée, elle demanda:

— Mademoiselle Vadon, savez-vous où est la première?

Celle-là, qui était en train de ranger des rotondes par ordre de taille, ne prit même pas la peine de lever la tête.

— Non, mademoiselle Prunaire, je n'en sais rien, dit-elle du bout des lèvres.

Un silence se fit. Denise restait immobile, et personne ne s'occupait plus d'elle. Pourtant, après avoir attendu un instant, elle s'enhardit jusqu'à poser une nouvelle question.

— Croyez-vous que Mme Aurélie reviendra bientôt?

Alors, la seconde du rayon, une femme maigre et laide qu'elle n'avait pas vue, une veuve à la mâchoire saillante et aux cheveux durs, lui cria d'une armoire où elle vérifiait des étiquettes:

— Attendez, si c'est à Mme Aurélie en personne que vous désirez parler.

Et, questionnant une autre vendeuse, elle ajouta: