Médéric descendit à terre. Comme il était sur le bout du soulier de
Sidoine, l'homme vint à l'apercevoir.
—Oh! dit-il, le joli petit insecte! Mon bel ami, buvez-vous la rosée, vous nourrissez-vous de fleurs?
—Monsieur, répondit Médéric, l'eau pure m'indispose, et je ne puis, sans maux de tête, endurer les parfums.
—Eh! l'insecte parle! L'excellente rencontre! Vous me sauvez d'une grande disette, mon aimable scarabée.
—Ainsi, vous avouez que vous avez faim?
—Faim! ai-je dit cela? Certes, j'ai toujours faim.
—Et vous mangerez volontiers une pêche?
—La pêche est un fruit que j'estime pour le velouté de sa peau. Merci, je ne puis manger. J'ai bien autre chose en tête. Enfin je viens de trouver ce que je cherchais depuis une heure.
—Ça, dit Sidoine impatienté, que cherchiez-vous donc, monsieur l'affamé, si ce n'est un morceau de pain?
—Bon! s'écria le pauvre diable, seconde trouvaille! Un géant en chair et en os. Monsieur le géant, je cherchais une idée.