LETTRES A MARIUS ROUX
XLIV
5 décembre 1864.
Mon cher Roux,
Je viens de lire ton article dans le Mémorial[3] qui m'a été envoyé.
Je te remercie mille fois de la façon charmante dont tu as présenté aux Aixois mes Contes à Ninon. Je ne trouve nullement que ton compte rendu soit provincial, comme tu me le disais hier au soir; il est alerte, spirituellement écrit, et fort obligeant pour moi, ce qui, je l'avoue, en double la valeur à mes yeux.
Nos compatriotes,—puisque tu veux que je sois Aixois, ce que j'accepte avec quelques réserves,—nos compatriotes vont être, je l'espère, enflammés d'un beau zèle et iront par bandes acheter le volume. Voilà un succès dont une bonne part te reviendra.
Merci donc, mon cher collaborateur, et laisse-moi te serrer la main deux fois aujourd'hui, et pour notre vieille amitié, et pour notre jeune succès.
Émile Zola.