—Oui, le lendemain.

M. Cauche, qui continuait à prendre au crayon des notes rapides, leva la tête.

—Comment, le lendemain? mais puisqu'il est parti le soir!

—Attendez donc! répliqua le sous-chef. Même, quand il sut que nous repartions le soir, il eut un instant l'idée de prendre l'express avec nous, si ma femme voulait bien le suivre jusqu'à Doinville, où elle passerait quelques jours chez sa soeur, comme cela était arrivé déjà. Mais ma femme, qui avait beaucoup à faire ici, a refusé… N'est-ce pas, tu as refusé?

—J'ai refusé, oui.

—Et voilà, il a été très gentil… Il s'était occupé de moi, il nous a accompagnés jusqu'à la porte de son cabinet…

N'est-ce pas, ma chère?

—Oui, jusqu'à la porte.

—Le soir, nous sommes partis… Avant de nous installer dans notre compartiment, j'ai causé avec monsieur Vandorpe, le chef de gare. Et je n'ai rien vu du tout. J'étais très ennuyé, parce que je nous croyais seuls, et qu'il y avait, dans un coin, une dame que je n'avais pas remarquée; d'autant plus que deux autres personnes, un ménage, sont encore montées au dernier moment… Jusqu'à Rouen non plus, rien de particulier, je n'ai rien vu… Aussi, à Rouen, comme nous étions descendus pour nous dégourdir les jambes, quelle n'a pas été notre surprise, d'apercevoir, à trois ou quatre voitures de la nôtre, M. Grandmorin, debout à la portière d'un coupé! «Comment, monsieur le président, vous êtes parti? Ah! bien, nous ne nous doutions guère de voyager avec vous!» Et il nous a expliqué qu'il avait reçu une dépêche… On a sifflé, nous sommes remontés vite dans notre compartiment, où, par parenthèse, nous n'avons retrouvé personne, tous nos compagnons de route s'étant arrêtés à Rouen, ce qui ne nous a pas fait de peine… Et voilà! c'est bien tout, ma chère, n'est-ce pas?

—Oui, c'est bien tout.