Elle était en effet plus jaune que de coutume, dans sa robe de magicienne semée d'étoiles. Et, comme Mme Michelin ne l'écoutait pas, elle continua à voix plus basse, murmurant que l'Angleterre ne pouvait avoir payé, et que décidément elle irait à Londres elle-même.

—Le costume de Narcisse était bien joli, n'est-ce pas? demanda Louise à Mme Michelin.

Celle-ci sourit. Elle regardait le baron Gouraud, qui semblait tout ragaillardi dans son fauteuil. Mme Sidonie, voyant où allait son regard, se pencha, lui chuchota à l'oreille, pour que l'enfant n'entendît pas:

—Est-ce qu'il s'est exécuté?

—Oui, répondit la jeune femme, languissante, jouant à ravir son rôle d'aimée. J'ai choisi la maison de Louveciennes et j'en ai reçu les actes de propriété par son homme d'affaires.... Mais nous avons rompu, je ne le vois plus.

Louise avait une finesse d'oreille particulière pour saisir ce qu'on voulait lui cacher. Elle regarda le baron Gouraud avec sa hardiesse de page, et dit tranquillement à Mme Michelin:

—Vous ne trouvez pas qu'il est affreux, le baron?

Puis elle ajouta en éclatant de rire:

—Dites! on aurait dû lui confier le rôle de Narcisse.

Il serait délicieux en maillot vert pomme.