—Est-ce que je m'occupe de vos saletés!
Et retroussant sa robe de magicienne, se retirant avec un regard majestueux:
—Ma petite, ce n'est pas ma faute s'il vous arrive des accidents.... Mais je n'ai pas de rancune, entendez-vous? Et sachez bien que vous auriez trouvé et que vous trouveriez encore en moi une seconde mère. Je vous attends chez moi, quand il vous plaira.
Renée ne l'écoutait pas. Elle entra dans le grand salon, elle traversa une figure très compliquée du cotillon, sans même voir la surprise que causait sa pelisse de fourrure.
Il y avait, au milieu de la pièce, des groupes de dames et de cavaliers qui se mêlaient, en agitant des banderoles, et la voix flûtée de M. de Saffré disait:
—Allons, mesdames, «la Guerre du Mexique...» Il faut que les dames qui font les broussailles étalent leurs jupes en rond et restent par terre.... Maintenant, les cavaliers tournent autour des broussailles.... Puis, quand je taperai dans mes mains, chacun d'eux valsera avec sa broussaille.
Il tapa dans ses mains. Les cuivres sonnèrent, la valse déroula une fois encore les couples autour du salon. La figure avait eu peu de succès. Deux dames étaient demeurées sur le tapis, empêtrées dans leurs jupons.
Mme Daste déclara que ce qui l'amusait dans «la Guerre du Mexique», c'était seulement de faire «un fromage» avec sa robe, comme au pensionnat.
Renée, arrivée au vestibule, trouva Louise et son père, que Saccard et Maxime accompagnaient. Le baron Gouraud était parti. Mme Sidonie se retirait avec les Mignon et Charrier, tandis que M. Hupel de la Noue reconduisait Mme Michelin, que son mari suivait discrètement. Le préfet avait employé le reste de la soirée à faire la cour à la jolie brune. Il venait de la déterminer à passer un mois de la belle saison dans son chef-lieu, «où l'on voyait des antiquités vraiment curieuses».
Louise, qui croquait en cachette le nougat qu'elle avait dans la poche, lut prise d'un accès de toux, au moment de sortir.