—MM. Mignon et Charrier en savent quelque chose, eux qui ont eu leur part de peine, et qui auront leur part de gloire.

Les maçons enrichis reçurent béatement cette phrase en pleine poitrine. Mignon, auquel Mme Sidonie disait en minaudant: «Ah! monsieur, vous me flattez; non, le rose serait trop jeune pour moi...», la laissa au milieu de sa phrase pour répondre à Saccard:

—Vous êtes trop bon, nous avons fait nos affaires.

Mais Charrier était plus dégrossi! Il acheva son verre de Pommard et trouva le moyen de faire une phrase:

—Les travaux de Paris, dit-il, ont fait vivre l'ouvrier.

—Dites aussi, reprit M. Toutin-Laroche, qu'ils ont donné un magnifique élan aux affaires financières et industrielles.

—Et n'oubliez pas le côté artistique; les nouvelles voies sont majestueuses, ajouta M. Hupel de la Noue, qui se piquait d'avoir du goût.

—Oui, oui, c'est un beau travail, murmura M. de Mareuil, pour dire quelque chose.

—Quant à la dépense, déclara gravement le député Haffner, qui n'ouvrait la bouche que dans les grandes occasions, nos enfants la paieront, et rien ne sera plus juste.

Et, comme, en disant cela, il regardait M. de Saffré, que la jolie Mme Michelin semblait bouder depuis un instant, le jeune secrétaire, pour paraître au courant de ce qu'on disait, répéta: