Quand Renée aperçut Maxime:
—C'est le petit, n'est-ce pas? demanda-t-elle au domestique, surprise de le voir aussi grand qu'elle.
L'enfant la dévorait du regard. Cette dame si blanche de peau, dont on apercevait la poitrine dans l'entrebâillement d'une chemisette plissée, cette apparition brusque et charmante, avec sa coiffure haute, ses fines mains gantées, ses petites bottes d'homme dont les talons pointus s'enfonçaient dans le tapis, le ravissait, lui semblait la bonne fée de cet appartement tiède et doré. Il se mit à sourire, et il fut tout juste assez gauche pour garder sa grâce de gamin.
—Tiens, il est drôle! s'écria Renée.... Mais, quelle horreur! comme on lui a coupé les cheveux!... Écoute, mon petit ami, ton père ne rentrera sans doute que pour le dîner, et je vais être obligée de t'installer.... Je suis votre belle-maman, monsieur. Veux-tu m'embrasser?
—Je veux bien, répondit carrément Maxime.
Et il baisa la jeune femme sur les deux joues, en la prenant par les épaules, ce qui chiffonna un peu l'habit de garde française. Elle se dégagea, riant, disant:
—Mon Dieu! qu'il est drôle, le petit tondu!...
Elle revint à lui, plus sérieuse.
—Nous serons amis, n'est-ce pas?... Je veux être une mère pour vous. Je réfléchissais à cela, en attendant mon tailleur, qui était en conférence, et je me disais que je devais me montrer très bonne et vous élever tout à fait bien.... Ce sera gentil!
Maxime continuait à la regarder, de son regard bleu de fille hardie, et brusquement: