—Ah! voici ton nom, Maxime, s'écria Renée....
Écoute.... «J'aime...» Mais il s'était assis sur le coin du divan, presque aux pieds de la jeune femme. Il réussit à lui prendre les mains, d'un mouvement prompt; il la détourna de la glace, en lui disant d'une voix singulière:
—Je t'en prie, ne lis pas cela.
Elle se débattit en riant nerveusement.
—Pourquoi donc? Est-ce que je ne suis pas ta confidente?
Mais lui, insistant, d'un ton plus étouffé:
—Non, non, pas ce soir.
Il la tenait toujours, et elle donnait de petites secousses avec ses poignets pour se dégager. Ils avaient des yeux qu'ils ne se connaissaient pas, un long sourire contraint et un peu honteux. Elle tomba sur les genoux, au bout du divan. Ils continuaient à lutter, bien qu'elle ne fît plus un mouvement du côté de la glace et qu'elle s'abandonnât déjà. Et comme le jeune homme la prenait à bras-le-corps, elle dit de son rire embarrassé et mourant:
—Voyons, laisse-moi.... Tu me fais mal.
Ce fut le seul murmure de ses lèvres. Dans le grand silence du cabinet, où le gaz semblait flamber plus haut, elle sentit le sol trembler et entendit le fracas de l'omnibus des Batignolles, qui devait tourner le coin du boulevard. Et tout fut dit. Quand ils se retrouvèrent côte à côte, assis sur le divan, il balbutia, au milieu de leur malaise mutuel: