—Eh bien, polissons! cria le prêtre. Est-ce que vous vous croyez dans une étable?
Et, se tournant vers un grand jeune homme maigre, dont la face blême se hérissait de quelques poils jaunes, et qui rangeait des livres sur la planche d'une armoire:
—Vraiment, monsieur Lequeu, vous pourriez les faire tenir tranquilles, quand je ne suis pas là!
C'était le maître d'école, un fils de paysan, qui avait sucé la haine de sa classe avec l'instruction. Il violentait ses élèves, les traitait de brutes et cachait des idées avancées, sous sa raideur correcte à l'égard du curé et du maire. Il chantait bien au lutrin, il prenait même soin des livres sacrés; mais il avait formellement refusé de sonner la cloche, malgré l'usage, une telle besogne étant indigne d'un homme libre.
—Je n'ai pas la police de l'église, répondit-il sèchement. Ah! chez moi, ce que je les giflerais!
Et, comme, sans répondre, l'abbé passait précipitamment l'aube et l'étole, il continua:
—Une messe basse, n'est-ce pas?
—Sans doute, et vite!… Il faut que je sois à Bazoches avant dix heures et demie, pour la grand'messe.
Lequeu, qui avait pris un vieux missel dans l'armoire, la referma et alla poser le livre sur l'autel.
—Dépêchons, dépêchons, répétait le curé, en pressant Delphin et Nénesse.