«Vous savez bien, Gustave Sédille, ce jeune homme, votre amant.»
D'un joli geste, elle protesta. Non, non! elle n'avait pas d'amant. Pas un homme ne pouvait se vanter de l'avoir eue deux fois. Pour qui la prenait-il? Une fois, oui! par hasard, par plaisir, sans que ça tirât autrement à conséquence! Et tous restaient ses amis, très reconnaissants, très discrets.
«C'est donc parce que je ne suis plus jeune?»
Mais, d'un nouveau geste, avec son continuel rire, elle sembla dire qu'elle s'en moquait bien, qu'on fût jeune! Elle avait cédé à des moins jeunes, à des moins beaux encore, à de pauvres diables souvent.
«Pourquoi alors, dites pourquoi?
—Mon Dieu! c'est simple.... Parce que vous ne me plaisez pas. Avec vous, jamais!»
Et elle restait tout de même très aimable, l'air désolé de ne pouvoir le satisfaire.
«Voyons, reprit-il brutalement, ce sera ce que vous voudrez... Voulez-vous mille, voulez-vous deux mille, pour une fois, une seule fois?»
A chaque surenchère qu'il mettait, elle disait non de la tête, gentiment.
«Voulez-vous.... Voyons, voulez-vous dix mille, voulez-vous vingt mille?»