Ce jour-là, dès que la Méchain se trouva assise sur l'unique chaise, le cabinet fut plein, comme bouché par ce dernier paquet de chair, tombé à cette place. Devant son bureau, Busch, prisonnier, semblait enfoui, ne laissant émerger que sa tête carrée, au-dessus de la mer des dossiers.

«Voici, dit-elle en vidant son vieux sac de l'énorme tas de papiers qui le gonflait, voici ce que Fayeux m'envoie de Vendôme.... Il a tout acheté pour vous, dans cette faillite Charpier, que vous m'aviez dit de lui signaler.... Cent dix francs.»

Fayeux, qu'elle appelait son cousin, venait d'installer là-bas un bureau de receveur de rentes. Il avait pour négoce avoué de toucher les coupons des petits rentiers du pays; et, dépositaire de ces coupons et de l'argent, il jouait frénétiquement.

«Ça ne vaut pas grand-chose, la province, murmura Busch, mais on y fait des trouvailles tout de même.»

Il flairait les papiers, les triait déjà d'une main experte, les classait en gros d'après une première estimation, à l'odeur. Sa face plate se rembrunissait, il eut une moue désappointée.

«Hum! il n'y a pas gras, rien à mordre. Heureusement que ça n'a pas coûté cher.... Voici des billets.... Encore des billets.... Si ce sont des jeunes gens, et s'ils sont venus à Paris, nous les rattraperons peut-être...»

Mais il eut une légère exclamation de surprise.

«Tiens! qu'est-ce que c'est que ça?»

Il venait de lire, au bas d'une feuille de papier timbre, la signature du comte de Beauvilliers, et la feuille ne portait que trois lignes, d'une grosse écriture sénile.

«Je m'engage à payer la somme de dix mille francs mademoiselle Léonie Cron, le jour de sa majorité.»