Hubertine finit par l'interrompre, parlant elle aussi tout bas.

—Va, va, te voilà partie! Tu as beau te corriger, c'est emporté à chaque fois, comme par un grand vent.... Ah! orgueilleuse, ah! passionnée, tu es toujours la petite fille qui refusait de laver la cuisine et qui se baisait les mains.

Angélique ne put s'empêcher de rire.

—Non, ne ris pas, bientôt tu n'auras pas assez de larmes pour pleurer.... Jamais ce mariage ne se fera, ma pauvre enfant.

Du coup, sa gaieté éclata, sonore, prolongée.

—Mère, mère, qu'est-ce que vous dites? Est-ce pour me taquiner et me punir?... C'est si simple! Ce soir, il va en parler à son père. Demain, il viendra tout régler avec vous.

Vraiment, elle s'imaginait cela? Hubertine dut être impitoyable. Une petite brodeuse, sans argent, sans nom, épouser Félicien d'Hautecœur! Un jeune homme riche à cinquante millions! le dernier descendant d'une des plus vieilles maisons de France!

Mais, à chaque nouvel obstacle, Angélique répondait tranquillement:

—Pourquoi pas?

Ce serait un vrai scandale, un mariage en dehors des conditions ordinaires du bonheur. Tout se dresserait pour l'empêcher. Elle comptait donc lutter contre tout?