— Certainement.

— C'est que, voyez-vous, je le mettrai dans un coin du tableau. Il fera bien, à gauche du poulailler. J'ai réfléchi à ça toute la semaine… Hein! les beaux légumes, ce matin je suis descendu de bonne heure, me doutant qu'il y aurait un lever de soleil superbe sur ces gredins de choux.

Il montrait du geste toute la longueur du carreau. La maraîchère reprit:

— Eh bien, je m'en vais. Adieu… À bientôt, monsieur Claude!

Et comme elle partait, présentant Florent au jeune peintre:

— Tenez, voilà monsieur qui revient de loin, paraît-il. Il ne se reconnaît plus dans votre gueux de Paris. Vous pourriez peut-être lui donner un bon renseignement.

Elle s'en alla enfin, heureuse de laisser les deux hommes ensemble. Claude regardait Florent avec intérêt; cette longue figure, mince et flottante, lui semblait originale. La présentation de madame François suffisait; et, avec la familiarité d'un flâneur habitué à toutes les rencontres de hasard, il lui dit tranquillement:

— Je vous accompagne. Où allez-vous?

Florent resta gêné. Il se livrait moins vite; mais, depuis son arrivée, il avait une question sur les lèvres. Il se risqua, il demanda, avec la peur d'une réponse fâcheuse:

— Est-ce que la rue Pirouette existe toujours?