«Trop tard, c'est vendu.

—Vendu, mon Dieu! Et vous ne pouvez vous dégager?

Dites-moi au moins à qui, je ferai tout, je donnerai tout...

Ah! quel coup terrible! vendu, en êtes-vous bien sûr?

Si l'on vous offrait le double?

—C'est vendu, Naudet, et en voilà assez, hein!» Pourtant, le marchand continua à se lamenter. Il resta quelques minutes encore, se pâma devant d'autres études, fit le tour de l'atelier avec les coups d'œil aigus d'un parieur qui cherche la chance. Lorsqu'il comprit que l'heure était mauvaise et qu'il n'emporterait rien, il s'en alla, saluant d'un air de gratitude, s'exclamant d'admiration jusque sur le palier.

Dès qu'il ne fut plus là, Jory, qui avait écouté avec surprise, se permit une question.

«Mais vous nous aviez dit, il me semble... Ce n'est pas vendu, n'est-ce pas?».

Bongrand, sans répondre d'abord, revint devant sa toile.

Puis, de sa voix tonnante, mettant dans ce cri toute la souffrance cachée, tout le combat naissant qu'il n'avouait pas: