Une infinie pitié envahissait Pierre, qui s'en alla, craignant de pleurer, lui aussi.

—Oui, oui, ma pauvre femme, espérez.

Et il la laissa au fond de la vaste salle déserte et nauséabonde, parmi la débandade des bancs, immobilisée dans sa passion douloureuse de mère, au point de retenir son souffle, de crainte que le tumulte de sa poitrine ne réveillât la petite malade. Crucifiée, elle priait, la bouche close, ardemment.

Lorsque Pierre revint près de Marie, elle lui demanda vivement:

—Eh bien! ces roses?... Est-ce qu'il y en a par ici?

Il ne voulut pas l'attrister, en racontant ce qu'il venait de voir.

—Non, j'ai fouillé les pelouses, il n'y a pas de roses.

—C'est singulier, reprit-elle, songeuse. Ce parfum est à la fois si doux et si pénétrant... Vous le sentez, n'est-ce pas? En ce moment, tenez! il est d'une force extraordinaire, comme si toutes les roses du paradis fleurissaient dans la nuit, aux alentours.

Mais une exclamation de son père l'interrompit. M. de Guersaint s'était remis debout, en voyant des points lumineux paraître en haut des rampes, à gauche de la Basilique.

—Enfin, les voilà!