G. CHARPENTIER et E. FASQUELLE, éditeurs

11, RUE DE GRENELLE, 11

1894

[PREMIÈRE JOURNÉE]
[I] [II, ] [III, ] [IV, ] [V]
[DEUXIÈME JOURNÉE]
[I, ] [II, ] [III, ] [IV, ] [V]
[TROISIÈME JOURNÉE]
[I, ] [II, ] [III, ] [IV, ] [V]
[QUATRIÈME JOURNÉE]
[I, ] [II, ] [III, ] [IV, ] [V]
[CINQUIÈME JOURNÉE]
[I, ] [II, ] [III, ] [IV, ] [V]

PREMIÈRE JOURNÉE

I

Dans le train en marche, comme les pèlerins et les malades, entassés sur les dures banquettes du wagon de troisième classe, achevaient l'Ave maris stella, qu'ils venaient d'entonner au sortir de la gare d'Orléans, Marie, à demi soulevée de sa couche de misère, agitée d'une fièvre d'impatience, aperçut les fortifications.

—Ah! les fortifications! cria-t-elle d'un ton joyeux, malgré sa souffrance. Nous voici hors de Paris, nous sommes partis enfin!

Devant elle, son père, M. de Guersaint, sourit de sa joie; tandis que l'abbé Pierre Froment, qui la regardait avec une tendresse fraternelle, s'oublia à dire tout haut, dans sa pitié inquiète:

—En voilà pour jusqu'à demain matin, nous ne serons à Lourdes qu'à trois heures quarante. Plus de vingt-deux heures de voyage!