—Et c'est la grâce que je vous souhaite.
Elle resta un instant étonnée; elle crut que le vicaire lui souhaitait les baisers du jeune duc.
Il y eut un grand bruit de chaises. Tout le monde s'en alla; la petite baronne avait deviné juste, son cocher n'était point encore au bas des marches. Ce diable de vicaire avait dépêché son sermon, volant à ses pénitentes au moins vingt minutes d'éloquence.
Et, comme la petite baronne s'impatientait dans une nef latérale, elle rencontra le vicaire qui sortait précipitemment de la sacristie. Il regardait l'heure à sa montre, il avait l'air, affairé d'un homme qui ne veut point manquer un rendez-vous.
—Ah! que je suis en retard! chère madame, dit-il. Vous savez, on m'attend chez la comtesse. Il y a un concert spirituel, suivi d'une petite collation.
LES ÉPAULES DE LA MARQUISE
I
La marquise dort dans son grand lit, sous les larges rideaux de satin jaune. A midi, au timbre clair de la pendule, elle se décide à ouvrir les yeux.
La chambre est tiède. Les tapis, les draperies des portes et des fenêtres, en font un nid moelleux, où le froid n'entre pas. Des chaleurs, des parfums traînent. Là, règne l'éternel printemps.
Et, dès qu'elle est bien éveillée, la marquise semble prise d'une anxiété subite. Elle rejette les couvertures, elle sonne Julie.