—Léon! appela madame Josserand.
Quand il fut là, elle ajouta brutalement, n'étant pas d'humeur à envelopper les choses:
—Pourquoi es-tu fâché avec madame?… Elle ne t'en veut pas.
Expliquez-vous donc. Ça n'avance à rien, d'avoir mauvais caractère.
Et elle les laissa l'un devant l'autre, interloqués. Madame Dambreville prit le bras de Léon, tous deux allèrent causer dans l'embrasure d'une fenêtre; puis, ils quittèrent le bal ensemble, tendrement. Elle lui avait juré de le marier à l'automne.
Cependant, madame Josserand qui continuait à distribuer des sourires, fut prise d'une grosse émotion, quand elle se trouva devant Berthe, essoufflée d'avoir dansé, toute rose dans sa robe blanche qui se fripait. Elle la saisit entre ses bras, et défaillant à une vague association d'idées, se rappelant sans doute l'autre, dont la face se convulsait affreusement:
—Ma pauvre chérie, ma pauvre chérie! murmura-t-elle, en lui donnant deux gros baisers.
Berthe alors, tranquille, demanda:
—Comment va-t-elle?
Du coup, madame Josserand redevint très aigre. Comment! Berthe le savait! Mais sans doute elle le savait, tout le monde le savait. Seul, son mari, qu'elle montra conduisant au buffet une vieille dame, ignorait encore l'histoire. Même elle allait charger quelqu'un de le mettre au courant, car ça lui donnait l'air bête, d'être toujours ainsi, en arrière des autres, à ne se douter de rien.
—Et moi qui m'échine à vouloir cacher leur catastrophe! dit madame Josserand outrée. Ah bien! je ne vais plus me gêner, il faut que ça finisse. Je ne tolérerai pas qu'ils te rendent ridicule.