C'était une voix légère comme un souffle.

—Madame…. madame….

Elle regardait en bas, elle ne voyait rien.

—Madame…. madame…. C'est moi.

Et Marie se montra, en chemise elle aussi. Elle avait entendu la scène, elle s'était échappée de son lit, laissant dormir Jules, écoutant de sa petite salle à manger, où elle se trouvait sans lumière.

—Entrez…. Vous êtes trop dans la peine. Je suis une amie.

Doucement, elle la rassurait, lui racontait les choses. Les hommes ne s'étaient pas fait de mal: lui, avec des jurons, avait poussé sa commode contre sa porte, pour s'enfermer; tandis que l'autre descendait, un paquet à la main, les affaires laissées par elle, ses souliers et ses bas, qu'il devait avoir roulés dans son peignoir, machinalement, en les voyant traîner. Enfin, c'était fini. Le lendemain, on les empêcherait bien de se battre.

Mais Berthe restait sur le seuil, avec un reste de peur et la honte de pénétrer ainsi chez une dame qu'elle ne fréquentait pas d'habitude. Il fallut que Marie la prît par la main.

—Vous coucherez là, sur ce canapé. Je vous prêterai un châle, j'irai voir votre mère…. Mon Dieu! quel malheur! Quand on s'aime, on ne se méfie pas.

—Ah! pour le plaisir que nous prenions! dit Berthe, dans un soupir où crevait tout le vide bête et cruel de sa nuit. Il a raison de jurer. Si c'est comme moi, il doit en avoir par-dessus la tête!