—Non, lâchez-moi! dit Gueulin, touché par le bon coeur du vieux. Je sens bien que les embêtements vont continuer.

Mais Bachelard l'emmena devant la jeune fille, en demandant à celle-ci:

—Voyons, Fifi, regarde-le: l'aurais-tu aimé?

—Si ça pouvait vous faire plaisir, mon oncle, répondit-elle.

Cette bonne réponse acheva de lui crever le coeur. Il se tamponna les yeux, il se moucha, étranglé. Eh bien! on verrait. Il n'avait jamais voulu que la rendre heureuse. Et, brusquement, il renvoya Gueulin.

—Va-t'en…. Je vais réfléchir.

Pendant ce temps, la tante Menu avait encore repris Auguste à part, pour lui expliquer ses idées. N'est-ce pas? un ouvrier aurait battu la petite, et un employé se serait mis à lui faire des enfants par-dessus la tête. Avec monsieur Narcisse, au contraire, elle avait la chance de trouver une dot qui lui permettrait de se marier convenablement. Dieu merci! elles appartenaient à une trop bonne famille, jamais la tante n'aurait souffert que la nièce se conduisît mal, tombât des bras d'un amant dans ceux d'un autre. Non, elle voulait pour elle une position sérieuse.

Gueulin partait, lorsque Bachelard le rappela.

—Baise-la sur le front, je te le permets.

Et il le mit ensuite lui-même à la porte. Puis, revenant se planter devant
Auguste, une main sur le coeur: