Adèle se troubla, voulut reculer. Mais madame Josserand l'avait saisie par la jupe.

—Voilà un quart d'heure que je vous vois sortir des choses de là dedans et vous les fourrer sous le nez, en les cachant dans le creux de votre main…. C'est donc bien bon? Montrez un peu.

Elle fouilla à son tour et retira une poignée de pruneaux cuits. Du jus coulait encore.

—Qu'est-ce que c'est que ça? cria-t-elle furieusement.

—Des pruneaux, madame, dit la bonne, qui, se voyant découverte, devenait insolente.

—Ah! vous mangez mes pruneaux! C'est donc ça qu'ils filent si vite et qu'ils ne reparaissent plus sur la table!… S'il est possible, des pruneaux! dans une poche!

Et elle l'accusa de boire aussi son vinaigre. Tout disparaissait; on ne pouvait laisser traîner une pomme de terre, sans être certain de ne plus la retrouver.

—Vous êtes un gouffre, ma fille.

—Donnez-moi de quoi manger, répliqua carrément Adèle, je ne dirai rien à vos pommes de terre.

Ce fut le comble. Madame Josserand se leva, majestueuse, terrible.