—Allez dans le salon avec monsieur l'abbé…. Il a quelque chose à vous dire.

Le prêtre dut les emmener. C'était encore une laide affaire. Hippolyte et Clémence, très surpris, le suivaient. Quand ils furent seuls, il commença par leur adresser des exhortations embrouillées: le ciel récompensait la bonne conduite, tandis qu'un seul péché conduisait en enfer; du reste, il était toujours temps de mettre fin à un scandale et de faire son salut. Pendant qu'il parlait ainsi, leur surprise devenait de l'ahurissement; les mains ballantes, elle avec ses membres menus et sa bouche pincée, lui avec sa figure plate et ses gros os de gendarme, ils échangeaient des coups d'oeil inquiets: est-ce que madame avait découvert ses serviettes, en haut, dans une malle? ou bien était-ce pour la bouteille de vin qu'ils montaient tous les soirs?

—Mes enfants, finit par dire le prêtre, vous donnez le mauvais exemple. Le grand crime est de pervertir autrui, de jeter de la déconsidération sur la maison où l'on habite…. Oui, vous vivez dans une inconduite qui n'est malheureusement plus un secret pour personne, car vous vous battez depuis huit jours.

Il rougissait, une hésitation pudique lui faisait chercher les mots. Les deux domestiques avaient eu un soupir de soulagement. Ils souriaient, ils se dandinaient maintenant d'un air heureux. Ce n'était que ça! vrai, il n'y avait pas de quoi les effrayer ainsi!

—Mais c'est fini, monsieur le curé, déclara Clémence, en adressant à
Hippolyte un regard de femme reconquise. Nous sommes remis ensemble….
Oui, il m'a expliqué.

Le prêtre, à son tour, montra un étonnement plein de tristesse.

—Vous ne me comprenez pas, mes enfants. Vous ne pouvez continuer à vivre ensemble, vous offensez Dieu et les hommes…. Il faut vous marier.

Du coup, leur stupéfaction reparut. Se marier, pourquoi faire?

—Moi, je ne veux pas, dit Clémence. J'ai une autre idée.

Alors, l'abbé Mauduit tâcha de convaincre Hippolyte.