Elle les voyait, elle, et c'était son besoin d'être près de Dario, sa continuelle pensée volant vers lui, qui l'évoquait ainsi, avec les deux autres. Son cœur était en bas, elle voyait, elle entendait, elle sentait, par tous les sens exquis de son amour.
—Giacomo, vous allez descendre, vous allez dire à Son Éminence que nous mourons d'envie de goûter à ses figues et qu'elle serait bien aimable en nous envoyant celles dont elle ne voudra pas.
Mais donna Serafina, de nouveau, intervint, retrouvant sa voix sévère.
—Giacomo, je vous prie de ne pas bouger.
Et elle s'adressa à sa nièce:
—Allons, assez d'enfantillages!... J'ai l'horreur de ces sortes de gamineries.
—Oh! ma tante, murmura Benedetta, je suis si heureuse, il y a si longtemps que je n'ai ri de si bon cœur!
Pierre, jusque-là, s'était contenté d'écouter, s'égayant simplement lui-même de la voir gaie à ce point. Comme il se produisait un petit froid, il parla alors, dit son propre étonnement d'avoir aperçu la veille, si tard en saison, des fruits sur ce fameux figuier de Frascati. Cela tenait sans doute à l'exposition de l'arbre, au grand mur qui le protégeait.
—Ah! vous avez vu le fameux figuier? demanda Benedetta.
—Mais oui, j'ai même voyage avec les figues qui vous ont fait tant d'envie.