«Eh bien, interrogea M. Kahn, qu'est-ce qu'on dit au château? Qu'est-ce que l'empereur a décidé?
—Mon Dieu, répondit M. de Combelot en grasseyant, on dit bien des choses.... L'empereur a la plus grande amitié pour M. le président du Conseil d'État. Il est certain que l'entrevue a été très amicale.... Oui, elle a été très amicale.» Et il s'arrêta, après avoir pesé le mot, pour savoir s'il ne s'était pas trop avancé.
«Alors, la démission est retirée? reprit M. Kahn, dont les yeux brillèrent.
—Je n'ai pas dit cela, reprit le chambellan très inquiet. Je ne sais rien. Vous comprenez, ma situation est particulière...» Il n'acheva pas, il se contenta de sourire, et se hâta de monter à son banc. M. Kahn haussa les épaules, et s'adressant à M. La Rouquette:
«Mais, j'y songe, vous devriez être au courant, vous! Mme de Llorentz, votre sœur, ne vous raconte donc rien?
—Oh! ma sœur est plus muette encore que M. de Combelot, dit le jeune député en riant. Depuis qu'elle est dame du palais, elle a une gravité de ministre.... Pourtant hier, elle m'assurait que la démission serait acceptée.... A ce propos, une bonne histoire. On a envoyé, paraît-il, une dame pour fléchir Rougon. Vous ne savez pas ce qu'il a fait, Rougon? Il a mis la dame à la porte; notez qu'elle était délicieuse.
—Rougon est chaste», déclara solennellement M. Béjuin.
M. La Rouquette fut pris d'un fou rire. Il protestait; il aurait cité des faits, s'il avait voulu.
«Ainsi, murmura-t-il, Mme Correur...
—Jamais! dit M. Kahn, vous ne connaissez pas cette histoire.