Alors, sur le seuil, madame Deberle tendit la main à Hélène, dans un geste plein de franchise amicale.

—Vous permettez, dit-elle. Mon mari m'avait parlé de vous, je me sentais attirée. Votre malheur, votre solitude.... Enfin, je suis bien heureuse de vous avoir vue, et je compte que nous n'en resterons pas là.

—Je vous le promets et je vous remercie, répondit Hélène, très-touchée de cet élan d'affection, chez cette dame qui lui avait paru avoir la tête un peu à l'envers.

Leurs mains restaient l'une dans l'autre, elles se regardaient en face, souriantes. Juliette avoua d'un air caressant la raison de sa brusque amitié:

—Vous êtes si belle qu'il faut bien vous aimer!

Hélène se mit à rire gaiement, car sa beauté la laissait paisible. Elle appela Jeanne, qui suivait d'un regard absorbé les jeux de Lucien et de Pauline. Mais madame Deberle retint la fillette un instant encore, en reprenant:

—Vous êtes bons amis désormais, dites-vous au revoir.

Et les deux enfants s'envoyèrent chacun un baiser du bout des doigts.