[120] Une grande partie de ce conte kamaonien a beaucoup de rapport avec un conte persan du Toûti-Nâmeh (Th. Benfey, introd. au Pantchatantra, p. 217), qui n'a pas l'épisode du cheveu.
LXXIV
LA PETITE SOURIS
Un jour, la petite souris était allée moissonner avec sa mère. Celle-ci lui dit de retourner à la maison pour tremper la soupe. Pendant que la petite souris y était occupée, elle tomba dans le pot et s'y noya. Voilà sa mère bien désolée; elle se met à pleurer.
La crémaillère lui dit: «Grande souris, pourquoi pleures-tu?—La petite souris est morte: voilà pourquoi je pleure.—Eh bien!» dit la crémaillère, «je m'en vais grincer des dents.»
Le balai dit à la crémaillère: «Pourquoi donc grinces-tu des dents?—La petite souris est morte, la grande la pleure: voilà pourquoi je grince des dents.—Eh bien!» dit le balai, «je m'en vais me démancher.»
La porte dit au balai: «Pourquoi donc te démanches-tu?—La petite souris est morte, la grande la pleure, la crémaillère grince des dents: voilà pourquoi je me démanche.—Eh bien!» dit la porte, «je m'en vais me démonter.»
Le fumier dit à la porte: «Pourquoi donc te démontes-tu?—La petite souris est morte, la grande la pleure, la crémaillère grince des dents, le balai se démanche: voilà pourquoi je me démonte.—Eh bien!» dit le fumier, «je m'en vais m'étendre.»
La voiture dit au fumier: «Pourquoi t'étends-tu donc?—La petite souris est morte, la grande la pleure, la crémaillère grince des dents, le balai se démanche, la porte se démonte: voilà pourquoi je m'étends.—Eh bien!» dit la voiture, «je m'en vais reculer jusqu'au bois.»