Dans ces contes, à l'exception du conte picard et du conte basque, le personnage qui correspond à Jean a encore, pendant la nuit, après le souper, des aventures ridicules, que nous nous souvenons d'avoir aussi entendu raconter à Montiers dans un autre conte commençant par l'épisode du souper et du chien qui marche sur le pied du garçon. N'ayant pas de notes pour rédiger ce conte, nous nous bornerons à dire qu'il ressemble extrêmement au conte breton.

[60] Y aurait-il quelque relation de parenté entre ces contes et la fable ésopique où un homme, fatigué de demander en vain la richesse à Mercure, brise de colère la statue du dieu et trouve dans la tête un trésor (Babrius, nº 119, édition de la collection Teubner; Esope, nº 66, même édition; La Fontaine, Fables, III, 8)?

[61] Comparer, pour la ruse qu'on emploie dans ces trois contes, divers contes qui ne sont pas de cette famille: un conte danois (Grundtvig, I, p. 77), un conte suédois (traduit par M. Axel Ramm dans l'Archivio per le tradizioni popolari, II, p. 477), un conte wende de la Lusace (Veckenstedt, p. 231), un conte de la Petite Russie (L. Léger, nº 20), etc.

[62] Comparer le passage du conte sicilien de la collection Gonzenbach où Giufà démolit la «maison» du lézard.

[63] L'épisode de la pluie de friandises se rencontre dans un conte indien du Kamaon (Minaef, nº 5): Le fils niais d'une mère très avisée se trouve mis en possession d'un sac d'or qui appartient à un homme riche. Il apporte le sac à sa mère. Cette dernière achète des sucreries et les éparpille sur le toit et sur la vérandah de sa maison. «Vois, mon fils,» dit-elle, «quelle sorte de pluie vient de tomber.» Le jeune garçon mange les sucreries. Cependant le sac est réclamé par le crieur public, et une récompense est promise à qui le rapportera. Le jeune garçon va dire que le sac est chez sa mère. On arrive. «Ma mère, où est le sac que je t'ai donné?—Quand m'as-tu donné un sac?—Le jour où il a plu des sucreries.» La mère dit aux gens: «Quand a-t-il jamais plu des sucreries?» Les gens se mettent à rire en disant: «Pauvre niais!» et ils s'en vont.—Même récit à peu près dans un conte indien du Bengale, probablement de Bénarès (miss Stokes, nº 7).



LIX
LES TROIS CHARPENTIERS

Il était une fois une veuve qui avait trois fils, tous les trois charpentiers. Ceux-ci, voyant qu'ils ne gagnaient pas assez dans leur pays pour nourrir leur mère, lui dirent adieu et se rendirent dans un village à sept ou huit lieues de là. Ils entrèrent comme domestiques dans une grosse auberge, où l'on avait justement besoin de trois garçons et où ils restèrent un an; leur année finie, ne se trouvant pas assez payés, ils allèrent chercher fortune ailleurs, après avoir envoyé cent écus à leur mère.

Un jour qu'ils traversaient un bois, ils rencontrèrent un homme d'une taille extraordinaire: c'était un génie, qui leur dit: «Où allez-vous, mes amis?—Nous sommes en route pour gagner notre vie et celle de notre mère.»