[82] Dans le conte norvégien, le «chevalier vert», qui tient la place du prince Sabr, a donné au roi, pour le remettre à sa fille, un petit livre qu'elle ne devra ouvrir qu'étant seule. Quand la princesse l'ouvre, le chevalier paraît devant elle; il disparaît quand elle le ferme.
[83] M. Lal Behari Day a recueilli, également dans le Bengale, une variante de ce conte (nº 8), qui ne présente guère que la différence suivante: La plus jeune fille du marchand, qui s'est mise à la recherche de son mari, le prince Sobur,—Sobur et Sabr sont, au fond, le même nom,—n'entend pas tout de suite, comme dans l'autre conte indien, la conversation des deux oiseaux. Elle a d'abord l'occasion de tuer un énorme serpent au moment où il allait dévorer les petits de ces oiseaux, qui sont des oiseaux géants, et le père, par reconnaissance, la transporte dans le pays du prince. (On peut ajouter cet épisode aux passages analogues de contes orientaux cités dans les remarques de notre nº 52, la Canne de cinq cents livres, II, p. 141 et pp. 143-144.)
[84] Voir l'intéressant écrit de M. Maxime Collignon, Essai sur les monuments grecs et romains relatifs au mythe de Psyché (Paris, 1877).
[85] Hermann Brockhaus en a donné une traduction allemande à la fin de ses deux volumes de traduction de Somadeva (Leipzig, 1843).
[86] Dans un conte sicilien (Pitrè, Nuovo Saggio, nº 5), dont nous avons parlé plus haut et sur lequel nous reviendrons à propos de notre nº 65, Firosette, l'héroïne, obéissant à de perfides conseils, commet aussi la faute de demander avec instance à son époux mystérieux comment il se nomme. A peine le nom est-il prononcé, qu'elle se trouve seule, au milieu d'une campagne déserte.
[87] Ce commencement est à peu près celui du conte italien de Livourne, lequel, comme nous l'avons dit, se rattache à l'une des branches du thème de Psyché: Une reine, qui n'a point d'enfants, se recommande à Dieu et aux saints, mais inutilement. A la fin elle devient enceinte et accouche d'un serpent. Quand le serpent a dix-huit ans, il dit à son père qu'il veut se marier.
[88] Un autre conte serbe (Vouk, nº 9), qui n'a pas cette dernière partie, se rapproche beaucoup du conte indien de la Sinhâsana-dvâtrinçikâ. Dans ce conte serbe, le serpent est le fils d'une pauvre femme. Il l'envoie un jour demander à l'empereur de lui donner sa fille en mariage. «Je la lui donnerai,» dit l'empereur, «s'il bâtit un pont de perles et de pierres précieuses qui aille de sa maison à mon palais.» En un instant la chose est faite. Cela rappelle, comme on voit, la demande du roi Premasena.
[89] Dans un conte grec moderne d'Epire (Hahn, nº 14), c'est aussi pendant que la jeune femme est à une fête, après avoir dépouillé sa peau de chèvre, que le prince son mari jette cette peau dans un four ardent.
[90] Dans un conte italien de Rome, assez altéré (miss Busk, p. 99), qui a l'introduction du quatrième des groupes indiqués ci-dessus, nous retrouvons le poignard du récit latin avec la goutte de cire brûlante. L'héroïne habite le palais d'un «roi noir», et ses sœurs l'ont engagée à le tuer, lui disant qu'il ne peut être qu'un méchant magicien.