Varsovie, le 19 janvier 1807.
Mon amie, je reçois ta lettre; j'ai ri de ta peur du feu. Je suis désespéré du ton de tes lettres et de ce qui me revient. Je te défends de pleurer, d'être chagrine et inquiète; je veux que tu sois gaie, aimable et heureuse.
Napoléon.
LETTRE LIV
À l'Impératrice, à Mayence.
Le 23 janvier 1807.
Je reçois ta lettre du 15 janvier. Il est impossible que je permette à des femmes un voyage comme celui-ci: mauvais chemins, chemins peu sûrs et fangeux. Retourne à Paris, sois-y gaie, contente; peut-être y serai-je aussi bientôt. J'ai ri de ce que tu me dis que tu as pris un mari pour être avec lui; je pensais, dans mon ignorance, que la femme était faite pour le mari, le mari pour la patrie, la famille et la gloire; pardon de mon ignorance, l'on apprend toujours avec nos belles dames.
Adieu, mon amie; crois qu'il m'en coûte de ne pas te faire venir; dis-toi: c'est une preuve combien je lui suis précieuse.
Napoléon.