Mon amie, je suis toujours à Eylau. Ce pays est couvert de morts et de blessés. Ce n'est pas la belle partie de la guerre; l'on souffre et l'âme est oppressée de voir tant de victimes. Je me porte bien. J'ai fait ce que je voulais et j'ai repoussé l'ennemi en faisant échouer ses projets.
Tu dois être inquiète, et cette pensée m'afflige. Toutefois, tranquillise-toi, mon amie, et sois gaie.
Tout à toi,
Napoléon.
Dis à Caroline et à Pauline que le grand-duc et le prince se portent très bien.
LETTRE LXII
À l'Impératrice, à Paris.
Liebstadt, le 21, à 2 heures du matin, 1807.
Je reçois ta lettre du 4 février; j'y vois avec plaisir que ta santé est bonne. Paris achèvera de te rendre la gaieté et le repos, le retour à tes habitudes, la santé.