LETTRE LXXVIII

À l'Impératrice, à Malmaison.

8 heures du soir, décembre 1809.

Mon amie, je t'ai trouvés aujourd'hui plus faible que tu ne devais être. Tu as montré du courage, il faut que tu en trouves pour te soutenir; il faut ne pas te laisser aller à une funeste mélancolie, il faut te trouver contente, et surtout soigner ta santé, qui m'est si précieuse. Si tu m'es attachée et si tu m'aimes, tu dois te comporter avec force et te juger heureuse. Tu ne peux pas mettre en doute ma constante et tendre amitié, et tu connaîtrais bien mal tous les sentiments que je te porte si tu supposais que je puis être heureux si tu n'es pas heureuse, et content, si tu ne te tranquillises.

Adieu, mon amie, dors bien; songe que je le veux.

Napoléon.


LETTRE LXXIX

À l'Impératrice, à Malmaison.