Trianon, le 17 janvier 1810.
Mon amie, d'Audenarde, que je t'ai envoyé ce matin, me dit que tu n'as plus de courage depuis que tu es à Malmaison. Ce lieu est cependant tout plein de nos sentiments, qui ne peuvent et ne doivent jamais changer, du moins de mon côte.
J'ai bien envie de te voir, mais il faut que je sois sûr que tu es forte, et non faible; je le suis aussi un peu, et cela me fait un mal affreux.
Adieu, Joséphine; bonne nuit. Si tu doutais de moi, tu serais bien ingrate.
Napoléon.
LETTRE LXXXVI
À l'Impératrice, à Malmaison.
30 Janvier 1810.
Mon amie, je reçois ta lettre. J'espère que la promenade que tu as faite aujourd'hui, pour montrer ta serre, t'aura fait du bien.