—Pas de pain … pas de lait?

—Non.

—Mais, grand Dieu! qu'avez-vous donc?

—Des pommes de terre cuites sous la cendre.»

Au même instant Karl aperçut dans l'ombre, sur les marches de l'escalier, tout un régiment de poules: blanches, noires, rousses, endormies, les unes la tête sous l'aile, les autres le cou dans les épaules; il y en avait même une grande, sèche, maigre, hagarde, qui se peignait et se plumait avec nonchalance,

«Mais, dit Hâfitz, la main étendue, vous devez avoir des oeufs?

—Nous les avons portés ce matin au marché de Bruck.—Oh! mais alors, coûte que coûte, mettez une poule à la broche!»

A peine eut-il prononcé ces mots, que la fille pâle, les cheveux épars, s'élança devant l'escalier, s'écriant:

«Qu'on ne touche pas à mes poules … qu'on ne touche pas à mes poules…. Ho! ho! ho! qu'on laisse vivre les êtres du bon Dieu!»

L'aspect de cette malheureuse créature avait quelque chose de si terrible; que Hâfitz s'empressa de répondre: