«M. le juge de paix Richter a déféré le serment à Isaac Schmoûle, marchand de bétail, sur cette question: "Est-il vrai qu'il a été convenu entre Isaac Schmoûle et Hans Christel, que Schmoûle viendrait prendre, dans la huitaine, une paire de bœufs achetés par lui le 22 mai dernier, et que, faute de venir, il payerait à Christel, pour chaque jour de retard, un florin comme dédommagement de la nourriture des bœufs?" Est-ce cela?
—C'est cela, dirent Schmoûle et l'anabaptiste ensemble.
—Il ne s'agit donc plus que de savoir si Schmoûle consent à prêter serment.
—Je suis venu pour ça, dit Schmoûle tranquillement, et je suis prêt.
—Un instant, interrompit le vieux rebbe en levant la main, un instant! Mon devoir, avant de recevoir un acte pareil, l'un des plus saints, des plus sacrés de notre religion, est d'en rappeler l'importance à Schmoûle.»
Alors, d'une voix grave, il se mit à lire: «Tu ne prendras point le nom de l'Éternel, ton Dieu, en vain. Tu ne diras point de faux témoignage!»
Puis, plus loin, il lut encore du même ton solennel:
«Quand il sera question de quelque chose où il y ait doute, touchant un bœuf ou un âne, ou un menu bétail, ou un habit, ou toute autre chose, la cause des deux parties sera portée devant le juge, et le serment de l'Éternel interviendra entre les deux parties.»
Schmoûle, en cet instant, voulut parler; mais, pour la seconde fois, David lui fit signe de se taire, et dit:
«"Tu ne prendras point le nom de l'Éternel ton Dieu en vain, tu ne porteras point de faux témoignage!" Ce sont deux commandements de Dieu que tout le peuple d'Israël entendit parmi les tonnerres et les éclairs, tremblant et se tenant au loin dans le désert de Sinaï.