—Et moi, préparer le souper.» Il décrocha sa grosse pipe d'écume de la muraille, et sortit en sifflant comme un merle. Katel rentra dans la cuisine.


[XVI]

Le lendemain, dès huit heures et demie, le grand Schoultz, tout fringant, vêtu de nankin des pieds à la tête, la petite canne de baleine à la main, et la casquette de chasse en cuir bouilli carrément plantée sur sa longue figure brune un peu vineuse, montait l'escalier de Kobus quatre à quatre. Hâan, en petite redingote verte, gilet de velours noir à fleurs jaunes tout chargé de breloques, et coiffé d'un magnifique castor blanc à longs poils, le suivait lentement, sa main grassouillette sur la rampe, et faisant craquer ses escarpins à chaque pas. Ils semblaient joyeux, et s'attendaient sans doute à trouver leur ami Kobus en capote grise et pantalon couleur de rouille, comme d'habitude.

«Eh bien, Katel, s'écria Schoultz, regardant dans la cuisine entrouverte. Eh bien! est-il prêt?

—Entrez, messieurs, entrez», dit la vieille servante en souriant.

Ils traversèrent l'allée et restèrent stupéfaits sur le seuil de la grande salle; Fritz était là, devant la glace, vêtu comme un mirliflore: il avait la taille cambrée dans son habit bleu de ciel, la jambe tendue et comme dessinée en parafe dans son pantalon noisette, le menton rose, frais, luisant, l'oreille rouge, les cheveux arrondis sur la nuque, et les gants beurre frais boutonnés avec soin sous des manchettes à trois rangs de dentelles. Enfin c'était un véritable Cupidon qui lance des flèches.

«Oh! oh! oh! s'écria Hâan, oh! oh! oh! Kobus.... Kobus!...»

Et sa voix se renflait, de plus en plus ébahie.

Schoultz, lui, ne disait rien; il restait le cou tendu, les mains appuyées sur sa petite canne; finalement, il dit aussi: